We've met before haven't we?
L’oeil a-t-il disparu ? » dit en tremblant Tsilla.Et Caïn répondit : ” Non, il est toujours là. »Alors il dit: « je veux habiter sous la terreComme dans son sépulcre un homme solitaire ;Rien ne me verra plus, je ne verrai plus rien. »On fit donc une fosse, et Caïn dit « C’est bien ! »Puis il descendit seul sous cette voûte sombre.Quand il se fut assis sur sa chaise dans l’ombreEt qu’on eut sur son front fermé le souterrain,L’oeil était dans la tombe et regardait Caïn.

La Conscience, Hugo

L’oeil a-t-il disparu ? » dit en tremblant Tsilla.
Et Caïn répondit : ” Non, il est toujours là. »
Alors il dit: « je veux habiter sous la terre
Comme dans son sépulcre un homme solitaire ;
Rien ne me verra plus, je ne verrai plus rien. »
On fit donc une fosse, et Caïn dit « C’est bien ! »
Puis il descendit seul sous cette voûte sombre.
Quand il se fut assis sur sa chaise dans l’ombre
Et qu’on eut sur son front fermé le souterrain,
L’oeil était dans la tombe et regardait Caïn.


La Conscience, Hugo

Aux visages des morts qui en ont eu besoin… Personne ne m’écoute dans cette campagne!

Aux visages des morts qui en ont eu besoin… Personne ne m’écoute dans cette campagne!

Ma pauvre muse, hélas! qu’as-tu donc ce matin?Tes yeux creux sont peuplés de visions nocturnes,Et je vois tour à tour réfléchis sur ton teintLa folie et l’horreur, froides et taciturnes.
(Baudelaire)

Ma pauvre muse, hélas! qu’as-tu donc ce matin?
Tes yeux creux sont peuplés de visions nocturnes,
Et je vois tour à tour réfléchis sur ton teint
La folie et l’horreur, froides et taciturnes.

(Baudelaire)

PAUL. J’avais souvent pensé depuis quelques temps que Camille pouvait me quitter ; j’y pensais comme à une catastrophe possible. Maintenant j’étais en pleine catastrophe.CAMILLE. Autrefois, tout se passait comme dans un nuage d’inconscience, de complicité ravie. Tout s’accomplissait avec une inadvertance rapide, folle, enchantée ; je me retrouvais dans les bras de Paul, sans presque me souvenir de ce qui s’était passé.PAUL. Maintenant, cette inadvertance était totalement absente de la conduite de Camille, et par conséquent de la mienne. Pourrais-je même, sous l’empire de l’excitation des sens, observer ses gestes d’un regard froid, comme elle, sans doute, pouvait regarder les miens ?CAMILLE. J’avais prononcé à dessein cette phrase, avec un intime sentiment de vengeance.PAUL. Elle semblait avoir conscience qu’à ce moment un mensonge pouvait tout arranger, au moins pour quelques temps, au moins en apparence. Et un instant elle avait eu visiblement la tentation de mentir, mais après réflexion, elle y avait renoncé.CAMILLE. Paul m’avait fait tant souffrir. C’était à mon tour de le tourmenter en faisant allusion à ce que j’avais vu, sans toutefois en parler directement avec précision.PAUL. Au fond, je me trompais : elle n’était pas infidèle, ou tout au moins son infidélité n’était qu’apparente. Et la vérité touchant à sa conduite était encore à élucider, sans tenir compte des apparences.CAMILLE. J’ai remarqué que plus on est envahi par le doute, plus on s’attache à une fausse lucidité d’esprit, avec l’espoir d’éclairer par le raisonnement ce que le sentiment a rendu trouble et obscur.PAUL. J’avais souvent pensé depuis quelques temps que Camille pouvait me quitter ; j’y pensais comme à une catastrophe possible. Maintenant j’étais en pleine catastrophe.CAMILLE. Autrefois, tout se passait comme dans un nuage d’inconscience, de complicité ravie.
(Le Mépris - Godard)
http://www.youtube.com/watch?v=CUI3rlCNWHw

PAUL. J’avais souvent pensé depuis quelques temps que Camille pouvait me quitter ; j’y pensais comme à une catastrophe possible. Maintenant j’étais en pleine catastrophe.

CAMILLE. Autrefois, tout se passait comme dans un nuage d’inconscience, de complicité ravie. Tout s’accomplissait avec une inadvertance rapide, folle, enchantée ; je me retrouvais dans les bras de Paul, sans presque me souvenir de ce qui s’était passé.

PAUL. Maintenant, cette inadvertance était totalement absente de la conduite de Camille, et par conséquent de la mienne. Pourrais-je même, sous l’empire de l’excitation des sens, observer ses gestes d’un regard froid, comme elle, sans doute, pouvait regarder les miens ?

CAMILLE. J’avais prononcé à dessein cette phrase, avec un intime sentiment de vengeance.

PAUL. Elle semblait avoir conscience qu’à ce moment un mensonge pouvait tout arranger, au moins pour quelques temps, au moins en apparence. Et un instant elle avait eu visiblement la tentation de mentir, mais après réflexion, elle y avait renoncé.

CAMILLE. Paul m’avait fait tant souffrir. C’était à mon tour de le tourmenter en faisant allusion à ce que j’avais vu, sans toutefois en parler directement avec précision.

PAUL. Au fond, je me trompais : elle n’était pas infidèle, ou tout au moins son infidélité n’était qu’apparente. Et la vérité touchant à sa conduite était encore à élucider, sans tenir compte des apparences.

CAMILLE. J’ai remarqué que plus on est envahi par le doute, plus on s’attache à une fausse lucidité d’esprit, avec l’espoir d’éclairer par le raisonnement ce que le sentiment a rendu trouble et obscur.

PAUL. J’avais souvent pensé depuis quelques temps que Camille pouvait me quitter ; j’y pensais comme à une catastrophe possible. Maintenant j’étais en pleine catastrophe.

CAMILLE. Autrefois, tout se passait comme dans un nuage d’inconscience, de complicité ravie.

(Le Mépris - Godard)

http://www.youtube.com/watch?v=CUI3rlCNWHw

Brusquement on sent que le temps s’écoule, que chaque instant conduit à un autre instant (…)
(Sartre)

Brusquement on sent que le temps s’écoule, que chaque instant conduit à un autre instant (…)

(Sartre)

J’ai besoin de me nettoyer avec des pensées abstraites, transparentes comme de l’eau.
(Sartre)

J’ai besoin de me nettoyer avec des pensées abstraites, transparentes comme de l’eau.

(Sartre)